Manifeste
« barzakh » est le nom donné à la réalité dont l'existence se situe entre les mondes en même temps qu'au-delà des mondes. Relié à la réalité des existences singulières, est en même temps dirigé vers ce qui les oriente et les dépasse.
se présente comme la traduction du soufisme – et donc de l’islam – dans un nouveau langage, celui du XXIème siècle occidentalisé et postmoderne. D'un côté, il s'agit pour de rester fidèle à l’esprit traditionnel du soufisme, sans lequel il perdrait son cœur, mais d'un autre, il s'agit d'accueillir, ce qui, dans cette fidélité, appelle à un lieu qui ne soit assignable à aucune catégorie ni réductible à aucun concept.
Traduire dans un langage qui ne soit ni religieux ni identitaire une tradition qui s'est essentiellement développée en Orient sans tomber dans les nombreux pièges de l'orientalisme, telle est l'ambition première de .
est donc avant tout une œuvre de traduction. Par cette traduction, entend perpétuer le geste de la tradition comme transmission et création permanente.
est un lieu métaphysique dont l'expérience primordiale est la pratique du dhikr – l'exercice de présence et d'invocation du soufisme. C'est par le dhikr que habite sa dimension métaphysique – ou contemplative – et c'est par le dhikr qu'il la réalise. est donc aussi bien un lieu qu'une méthode.
envisage la pensée elle-même comme une forme de dhikr. Car si la dimension métaphysique de se réalise dans la pratique traditionnelle du dhikr, entend aussi rétablir un dialogue fécond avec la philosophie en la déplaçant vers un champ de l'être qu'elle a trop souvent oublié, particulièrement dans la suprématie de son positivisme.
vise à suspendre les dimensions strictement rationnelle et discursive de la philosophie en envisageant cette dernière à la fois comme une expérience gustative de la réalité, une manière d’exercer son esprit et une façon d’orienter sa vie. occupe une zone limite entre la philosophie, la contemplation directe et l’éthique ou autrement dit, entre la tête, le cœur et les gestes.
envisage la pensée comme une manière de vivre, comme une manière d’être au monde, d’être à soi et aux autres.
se pense doublement comme intermondes : comme passage entre le ciel et la terre et comme pont entre la pensée occidentale et la pensée orientale.
Tout en y étant nécessairement lié, se place au-delà et en deçà des questions d’ordre social ou politique et ne relève d'aucun volontarisme, en particulier idéologique.
n’est pas un projet social, peut-être que ce n’est même pas un projet. Plutôt un chemin, une porte, une clé d’accès, un seuil.
« Vouloir ne rien vouloir », selon la parole d’Abû Yazîd Bistâmî, semble être un bon point de départ.